Notre-Dame des loups

nddl

Auteur : Adrien Tomas

Collection : Hélios

Édition : Mnémos

Résumé (quatrième de couverture) :

1868, aux confins de l’Amérique, les Veneurs, une petite troupe d’hommes et de femmes sans foi ni loi, aux munitions forgées d’argent, l’âme froide comme l’acier, parcourent les immensités de l’Ouest sauvage.

Ils s’enfoncent, la peur au ventre mais déterminés, dans les gigantesques forêts. Ils connaissent leur mission : elle pue le sang et la mort. Elle a le son des chairs qui se déchirent et des os qui rompent, des incantations vaudou, des balles qui sifflent et des molosses qui aboient. Au loin, les premiers hurlements se font entendre. La chasse commence… Une chasse qui doit réussir quel qu’en soit le prix…

 

Avis

 

Difficile de ne pas être tenté par ce roman quand il nous promet un mélange de western et de fantastique au XIXe 🙂 Un postulat véritablement original et intrigant, mais bizarrement j’ai mis un peu de temps à m’y mettre, le roman étant resté dans ma pile à lire un peu plus d’un an, mais une fois le nez dedans il n’était plus question de le lâcher !

D’Adrien Tomas je connaissais déjà La geste du sixième royaume qui, s’il ne m’a pas laissé un souvenir impérissable, restait tout de même plaisant à lire. Je partais donc avec un bon pressentiment, et j’ai bien eu raison 😉

Déjà, j’adore les romans construits à partir de points de vue « uniques » (Des milliards de tapis de cheveux, Demain les chiens ou L’origine des victoires pour ceux qui m’ont marqué). Et là, c’est extrêmement bien fait, au point d’en devenir la vraie force de ce roman. On sent un réel souci de développer chacun des personnages, et on se nourrit intensément de ces intériorités, souvent déchirées, qui sont autant de rencontres que l’on devine éphémères. Chaque personnage a sa propre voix, puissante, aisément reconnaissable ; bref, unique. Quand Jonas s’enfonce dans la vulgarité la plus crasse, Würm s’exprime tout en mesure, tandis que la hargne ressort à chaque phrase de Jack. Tous unis dans leur quête de la Dame (que j’adore ce nom, ce concept, ce qu’il évoque : un étrange respect), leurs raisons de rejoindre la Vénerie sont différentes, leur passé est toujours évoqué de manière subtile et claire. En avançant de plus dans la forêt, ils atteignent vite leurs propres limites : finalement, chasseurs et proies tendent à se confondre. J’ai particulièrement aimé Evangeline, avec point de vue passionnant, complètement différent qui donne une autre perspective au texte. Le personnage le plus ambigu reste Jack, la pierre angulaire de la Vénerie, dévoré de l’intérieur par le poids de sa mission, qu’il est très difficile de ne pas détester. C’en est presque frustrant, j’aurais presque voulu en savoir plus sur chacun des personnages, qui méritaient presque un roman chacun 🙂 Mais en ce bref moment en leur compagnie, on comprend ce qu’ils ont été et ce qu’ils sont : insupportables, méprisables, et pourtant attachants.

A force de parler des personnages, on en oublierait presque l’intrigue. On va dire que j’ai réussi à deviner certains points de l’histoire, peut-être justement car on en vient à connaître intimement les personnages, mais cela n’a absolument pas gâché la lecture ; la manière de gérer la structure du roman est extrêmement intelligente en tout cas, et il ne s’agit en rien d’un roman dont la fin tombe à plat. C’est haletant, violent, sans concessions et plein de tension.

Face à ces personnages : les Rejs. Ces derniers empruntent à plusieurs mythes sous-jacents dans l’histoire de l’humanité : la bestialité qui palpite au fond de nous, prête à jaillir. Wendigos ou loups-garous, peu importe le nom, on y adhère. L’auteur nous confronte parfois à l’ambiguïté de la situation en humanisant les monstres, surtout face à des Veneurs sans pitié. Et l’homme est aussi un loup pour l’homme, parfois bien plus retors et dangereux…

Bien différent, le dernier « chapitre » clôt à merveille cette histoire en tout cas, d’une manière très intelligente, et surprenante, en permettant de prendre un peu de hauteur vis-à-vis de cette traque qui dure depuis de longs siècles.

Et que dire de la plume de l’auteur ? Sa maîtrise est déjà démontrée dans le traitement des personnages, mais elle va plus loin en faisant ressentir le poids du sang, le poids de la neige, le poids d’une mission impossible à chaque page.

Bref, un coup de cœur ❤ ! Si vous voulez découvrir un roman aux voix multiples, qui ne vous lâchera pas, comme les crocs plantés dans la gorge, vous trouverez votre bonheur.

 Côté boulot ? : pour le lycée cela peut être un choix très intéressant, pour un peu que les élèves soient curieux ; le roman n’est pas trop long  en plus 🙂

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